Le projet d’accompagnement personnalisé et l’évaluation externe de la HAS
La HAS a dédié, dans le
Manuel d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux une thématique entière sur le projet d’accompagnement personnalisé. La thématique « Co-construction et personnalisation du projet d’accompagnement » est présente dans les trois chapitres : la personne, les professionnels, l’ESSMS.
Dans le référentiel d’évaluation, la HAS prévoit plusieurs critères concernant le projet d’accompagnement personnalisé :
Critère 1.10 « La personne est actrice de la personnalisation de son projet d’accompagnement ». La personne décide de la place de son entourage dans son accompagnement.
Critère 1.11 « L’entourage est associé dans l’accompagnement de la personne. »
Critère 2.4 « Les professionnels adaptent avec la personne son projet d’accompagnement au regard des risques auxquels elle est confrontée.»
Concernant le critère 2.4, la HAS reconnaît 7 risques qui doivent être évalués régulièrement :
Risques de fugue ou de disparition.
Risques liés aux addictions et aux conduites à risques.
Risques de dénutrition, malnutrition et/ou des troubles de la déglutition.
Risques liés à la sexualité.
Risques de harcèlement ou d’abus de faiblesse.
Risques de radicalisation et/ou de prosélytisme.
Critère 3.4 « L’ESSMS co-construit sa stratégie d’accompagnement et son inscription dans le territoire, dans une approche inclusive. » Cela permet aux usagers d’accéder à des activités favorisant leur intégration dans la vie citoyenne et de bénéficier d’une offre variée grâce à un réseau de partenaires locaux. En conséquence, l’accompagnement est enrichi et l’inclusion sociale est renforcée.
La constitution d’un PAP pour chaque usager est intrinsèquement liée à une autre thématique clé du référentiel : « Expression et participation de la personne accompagnée », qui vise à encourager l’implication active de l’individu dans son propre parcours.
Cette approche est en parfaite adéquation avec l’une des quatre valeurs fondamentales du référentiel : le pouvoir d’agir de la personne. L’objectif final étant de permettre à la personne accompagnée d’être actrice de son parcours.
En mettant l’accent sur le pouvoir d’agir, le PAP permet à la personne de s’approprier son projet de vie, d’exprimer ses besoins et attentes, et de participer activement à la prise de décisions qui la concernent.
Ainsi, le PAP n’est pas seulement un outil de planification, mais aussi un levier d’autonomie et de valorisation de la personne accompagnée.
Les 6 étapes du projet d’accompagnement personnalisé
1. Premier contact & Évaluation initiale
Les conditions d’entrée dans un établissement médico-social varient, le mieux est de préparer la transition le plus en amont possible pour créer de meilleures conditions pour la personne accompagnée.
La confiance entre la personne accompagnée et les professionnels se fait dès le premier contact. L’enjeu de cette première phase est plus qu’important, il faut construire une relation mettant en confiance l’usager, afin de favoriser le partage et l’échange. L’idée est d’instaurer un rapport équilibré entre les professionnels encadrants et la personne accueillie.
L’objectif de cette étape va d’être de recueillir les attentes de la personne accompagnée, en retenant toutes les informations pertinentes (les goûts, les souhaits, les habitudes, les croyances, les centres d’intérêt, l’histoire de la personne) afin de personnaliser l’accompagnement.
Les attentes peuvent être formulées à travers :
Des entretiens individuels ;
Des questionnaires structurés ;
Des observations directes ;
Des échanges avec les proches ou membre de la famille ;
Le dossier unique d’admission.
Les attentes, les désirs ou les envies ne sont pas toujours formulés clairement, implicites ou explicites, elles existent quand même, même lorsque la personne ne peut pas les dire.
Comment recueillir les souhaits et attentes ?
La première étape pour faire émerger les souhaits et attentes d’une personne consiste à l’accompagner durant la phase de remaniement.
Les professionnels doivent choisir le moment opportun pour soutenir ce processus d’élaboration.
Il est crucial de repérer et de respecter le temps nécessaire pour que la personne puisse se poser et dialoguer avec les professionnels, alternant entre échanges et réflexion personnelle pour forger une opinion claire.
Pour faciliter l’expression des attentes par les personnes, des outils d’expression adaptés peuvent leur être suggérés, à utiliser éventuellement en collaboration avec leurs proches, en fonction des circonstances.
Ces supports visent à aider la personne à identifier et à classer ses attentes de manière structurée. Tels que des jeux, des activités, des tests ou encore des outils de visualisation.
2. Identification des besoins et élaboration du plan d’accompagnement
Durant une réunion pluriprofessionnelle, vont identifier les besoins de la personne accompagnée, le but est d’évaluer sa situation et d’identifier ses besoins spécifiques grâce aux différents éléments recueillis.
Cette réunion est réalisée, en général, sans la présence de la personne accompagnée. Elle a pour objectif de permettre à chaque professionnel de s’exprimer et de donner son point de vue sur la situation de la personne.
Cette réunion permet aux professionnels de bénéficier du même niveau d’information et de définir des lignes directrices claires pour l’accompagnement du résident, tout en facilitant la collaboration entre les professionnels et les proches impliqués.
Note : les besoins identifiés peuvent être différents ou complémentaires avec les attentes et les envies des usagers.
Le personnel de l’établissement doit ensuite construire le projet personnalisé au cours d’une réunion pluriprofessionnelle. Cette étape doit être effectuée dans les 2 à 3 mois suivant l’entrée du résident.
La co-construction du projet prend la forme d’échange entre :
La personne accompagnée ;
L’équipe de professionnels qui est constituée des personnes prenant en charge la personne accompagnée : le référent/coordonnateur des projets d’accompagnements personnalisés ainsi que le médecin coordonnateur.
Au cours de cet échange, il sera proposé à l’usager les actions et objectifs prédéterminés lors des réunions de préparation.
La personne accompagnée est au cœur du sujet et doit jouer un rôle actif dans l’élaboration de son projet personnalisé. Le but est de refléter au mieux ses habitudes de vie. L’avis de la personne sur les actions et les objectifs proposés doit donc être pris en considération durant cet échange, pour ajuster au mieux son projet.
Lorsque les attentes, les besoins et les propositions des résidents, ou les suggestions des professionnels, ne peuvent être satisfaites au sein de l’établissement, les équipes devront rechercher des solutions auprès d’autres structures ou dispositifs.
Il est recommandé que les professionnels explorent toutes les options possibles pour répondre au mieux aux attentes et aux besoins des personnes et de leur représentant légal, tout en respectant les décisions judiciaires.
Une fois finalisé par le référent, le projet d’accompagnement personnalisé sera signé par la personne accompagnée et/ou son représentant légal. Un exemplaire doit être remis à la personne accompagnée.
4. Mise en place du projet d’accompagnement personnalisé
La mise en œuvre du projet doit débuter dans les 3 à 5 mois suivant l’entrée.
Un ou deux professionnels vont agir en tant que coordinateur du projet personnalisé, ils jouent le rôle d’interlocuteurs privilégiés pour assurer le suivi et la cohérence. Le coordonnateur des projets personnalisés doit s’assurer que les objectifs soient :
Adaptés à la situation de la personne ;
Concrets, afin d’intégrer le projet personnalisé dans la vie quotidienne de la personne ;
Axés sur le maintien de l’autonomie et des relations sociales.
Chaque professionnel de l’établissement doit connaître les objectifs et les actions du projet d’accompagnement personnalisé afin de le mettre en application le plus facilement possible.
Au fil des mois, le référent veillera à ce que le projet soit effectivement mis en œuvre et qu’il correspond toujours aux attentes et aux besoins de la personne. Des points réguliers seront faits sur la progression des actions, en collaboration avec le coordonnateur des projets d’accompagnement personnalisés si nécessaire.